Sylvia Day
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Sep 3, 2014  •  J'ai Lu

French Excerpt

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Il régnait une chaleur étouffante à Las Vegas, mais Paul Laurens aurait pu jurer que le regard glacial de son ex-maîtresse avait fait chuter la température de plusieurs degrés.

Robin Turner était entrée dans le bar de l’hôtel Mondego telle une rafale venue tout droit de l’Arctique. Ses longs cheveux blonds étaient tirés en un chignon impeccable, et son corps sexy, moulé dans une robe cache-cœur bleu pâle nouée à la taille. Ses chaussures à talon couleur chair donnaient l’impression qu’elle marchait pieds nus. Elle portait un imposant collier d’aigues-marines, qui formaient de petits glaçons autour de son cou.

Les doigts de Paul se crispèrent autour de sa bouteille de bière tandis que son corps répondait malgré lui à cette apparition. Il ne comprenait toujours pas comment ils avaient terminé au lit tous les deux. Il savait seulement qu’ils étaient montés dans le même ascenseur, et que la minute d’après il était au-dessus d’elle, ivre de désir. Leur attirance avait été si intense et si soudaine qu’il se souvenait à peine de l’avoir conduite jusqu’à sa chambre, puis de l’avoir déshabillée.

Il prit une longue gorgée de bière tout en suivant Robin des yeux. Elle approcha d’une table où un homme en costume l’attendait. L’inconnu se leva et déposa un baiser sur chacune de ses joues avant de se rasseoir. Paul ne pouvait supporter qu’elle soit dans la même pièce que lui sans lui appartenir. Il fit signe à la serveuse, puis commanda un martini, qu’il fit apporter à Robin.

— Vos bières ont du succès, lui dit l’une des employées tandis qu’elle posait le martini sur son plateau.

Son sourire était une invitation, et son œillade insistante ne laissait aucun doute sur ses intentions.

— Je suis heureux de l’apprendre, répondit-il en détournant les yeux pour lui faire comprendre qu’il n’était pas intéressé.

Il avait fait ses premiers pas à Las Vegas après avoir persuadé le directeur du Mondego d’ajouter à la carte des boissons les bières qu’il produisait. Le contrat qui le liait à l’établissement finançait les déplacements qu’il effectuait deux fois par semaine pour lancer ses produits dans d’autres hôtels de la ville. C’était ainsi que son idylle d’un an avec Robin avait commencé. Les week-ends qu’il passait avec elle avaient été les moments les plus précieux de sa vie.

Jusqu’à ce qu’il fasse tout capoter et qu’il la perde, quatre mois plus tôt.

Il déposa de l’argent sur le comptoir et se dirigea vers l’ascenseur, sa bière à la main. Il lui avait laissé des fleurs à la réception, ainsi qu’un billet où il lui indiquait le numéro de sa chambre. Elle était probablement arrivée la veille, mais elle ne l’avait pas contacté. Il s’était persuadé qu’elle était trop occupée par l’exposition de bijoux organisée à l’hôtel pour se soucier de lui, mais le regard qu’elle venait de lui lancer était éloquent. Sa seule consolation reposait donc sur le fait qu’il ne lui était pas indifférent. Elle ne l’avait pas oublié. En espérant qu’il ne se trompe pas. Il était d’ailleurs prêt à accepter tout ce qu’elle voudrait bien lui donner en cet instant – une dispute, une gifle, n’importe quoi, du moment qu’il avait l’occasion de lui dire ce qu’il ressentait.

Tandis qu’il pénétrait dans l’ascenseur, son parfum l’enveloppa. Il prit une profonde inspiration, laissant l’effluve vanillé et fleuri l’enivrer. Un frisson le parcourut et il serra les poings tandis que son désir s’éveillait après des mois de sommeil forcé. Il pressa le bouton de son étage et se dirigea vers le fond de l’ascenseur avant de se retourner. Robin le rejoignit. Son cœur se mit à battre plus vite. Il se demanda brièvement quelle excuse elle avait pu trouver pour abandonner son compagnon, avant de chasser cette pensée. Il s’en moquait. Elle l’avait suivi, c’était tout ce qui importait.

Un couple de personnes âgées et trois hommes en costume entrèrent à leur tour et leur tournèrent le dos. Tandis que la cabine commençait son ascension, Robin se mit à onduler lentement des hanches, attirant le regard de Paul. Il l’observa tandis qu’elle faisait glisser son string le long de ses jambes.

Seigneur ! Son sexe se durcit comme des visions érotiques envahissaient son esprit. Il rêvait de venir se placer derrière elle, de relever sa jupe et de la prendre sauvagement.

Un ding discret se fit entendre. Les hommes d’affaires descendirent et quatre adolescents en maillot de bain les remplacèrent. Le regard braqué devant lui, Paul tendit le bras vers Robin et glissa la main parmi les pans de sa robe. Elle fit un pas vers lui, l’invitant à poursuivre ses caresses. Ses doigts coururent le long de son ventre, jusqu’à la peau douce de son sexe, avant de s’insinuer entre ses jambes. Elle était humide et brûlante. Il sentit son membre enfler dans son jean et il étouffa un grognement en avalant une dernière gorgée de bière.

L’ascenseur s’arrêta une nouvelle fois et le couple âgé en sortit. Comme les adolescents s’écartaient pour le laisser passer, une jeune fille lança un regard curieux à Paul. Une lueur d’intérêt brilla dans ses yeux foncés soulignés de khôl. Elle l’étudia des pieds à la tête, s’attarda sur le logo de la brasserie qui ornait son tee-shirt, puis sur le tatouage que l’on devinait sous sa manche. Elle suivait la ligne de son bras, toujours glissé dans la robe de Robin, quand ses amis lui bloquèrent la vue.

Robin haleta discrètement lorsqu’il inséra un doigt en elle. Son sexe étroit se contracta, et Paul sentit le désir l’assaillir. Il pressa la paume de sa main contre sa petite boule de chair pour entamer une caresse grisante, la préparant à ses assauts. Il aurait voulu lui parler, mais elle brûlait d’envie qu’il lui fasse l’amour. Et Dieu sait à quel point il désirait satisfaire ses envies en cet instant. Survivre sans elle avait été une torture. Parfois, il avait cru devenir fou tant il souffrait de ne plus entendre sa voix, de ne plus sentir ses courbes contre lui.

Les adolescents finirent par descendre de l’ascenseur. Ils étaient seuls désormais. L’appareil poursuivit sa montée jusqu’au 45e étage.

— Tu m’as manqué, dit-il d’une voix rauque.

En réponse, elle se mit à remuer contre sa main.

— C’est ça qui te manquait.

Ses mots, tranchants comme une lame, le déstabilisèrent une seconde, mais son corps la trahissait. Elle était brûlante et délicieusement excitée. Il intensifia le va-et-vient de ses doigts, laissant le silence les envelopper. Robin finit par perdre son sang-froid. Elle se mit à gémir, les doigts crispés sur la barre en acier de l’ascenseur, écartant les jambes pour mieux savourer ses caresses, totalement désinhibée.

Au moment où ils atteignirent son étage, Paul la prit dans ses bras pour l’emporter jusqu’à sa chambre, jetant sa bouteille de bière dans la poubelle qui était commodément placée à la sortie de l’ascenseur. Avant même d’arriver devant la porte de sa suite, il avait un préservatif entre les lèvres et sa carte en main. Il ouvrit la porte du pied et plaqua Robin contre le mur. Il avait baissé sa braguette avant que le cliquetis du loquet ne retentisse.

Il se débarrassa de son jean et la chaîne de son portefeuille heurta le carrelage de l’entrée dans un bruit de métal. Un instant plus tard, Robin laissait glisser ses sous-vêtements en dentelle de ses doigts. Tandis qu’il enfilait le préservatif, elle remonta sa jupe sur ses hanches. Paul s’interrompit pour l’observer, bouleversé. Elle était d’une élégance parfaite jusqu’à la taille, et d’une sensualité digne de ses fantasmes les plus fous au-delà. Ses jambes étaient longues et fermes, son sexe humide et engageant.

Il était perdu lorsqu’il l’avait rencontrée, son cœur avait cessé de battre depuis la mort de son fils, laquelle avait entraîné la dissolution de son mariage condamné depuis longtemps déjà. Ce premier voyage en ascenseur avec Robin l’avait ramené à la vie. Elle avait forcé l’air à pénétrer ses poumons, le sang à affluer dans ses veines. Il ne vivait alors que pour les week-ends qu’il passait à ses côtés. Son rire, ses sourires, ses caresses, son odeur, étaient comme une drogue pour lui.

Hélas, quand elle avait suggéré que leur relation évolue, il avait paniqué, la poussant à le quitter la tête haute, l’âme en peine.

Prenant soudain conscience de la chance qui lui était donnée, Paul pressa le corps mince de Robin contre la porte et emprisonna sa bouche en un baiser brûlant et sensuel. Il caressa sa lèvre inférieure de sa langue avant d’approfondir son étreinte. Elle essaya de résister, le corps tendu, ce qui le mit sur ses gardes. Lorsqu’il s’agissait d’intimité physique, aucune barrière ne s’était jamais dressée entre eux.

Tandis que leurs langues entamaient un ballet érotique, Robin enroula ses doigts autour du sexe de Paul tout en ceignant sa taille de ses jambes. Elle poursuivit ses caresses des deux mains et il ne put contenir un grognement lorsqu’elle plaça l’extrémité de son membre contre sa féminité. Incapable d’attendre plus longtemps, il écarta ses mains et la pénétra en douceur. Elle était prête à le recevoir, si humide que son sexe glissa en elle sans rencontrer la moindre opposition. Quand ses muscles se contractèrent autour de son membre, il faillit perdre le contrôle. Il n’avait qu’une envie, la pilonner sauvagement contre la porte, mais elle avait besoin de savoir qu’il était prêt à s’engager dans leur relation.

— Plus vite, le pressa-t-elle.

Avant qu’il ne puisse bouger, elle posa les mains sur ses fesses et l’attira profondément en elle. Surpris, il plaqua les mains sur le mur en marmonnant un juron.

— Robin, ma chérie, grogna-t-il. Donne-moi une minute.

Elle était déjà au bord du gouffre. La tête rejetée en arrière, elle laissa échapper un gémissement incroyablement sensuel tandis que son sexe se resserrait tel un fourreau étroit autour de son pénis. Emporté par la vague de plaisir qui agitait le corps de la jeune femme, Paul ne put se contenir.

— Bon sang, Robin, haleta-t-il tandis qu’il jouissait.

Il attrapa ses fesses et se mit à aller et venir en elle convulsivement, comme s’il avait perdu la tête, la possédant sans répit. La violence de l’orgasme déferla sur lui. Jamais il n’avait connu de telle sensation avec une autre. Le plaisir était si pur et intense qu’il était incapable de contrôler les plaintes rauques qui s’échappaient de ses lèvres. Pas plus que les mots.

— Robin… Je t’aime. Je t’aime…

Couvert de sueur, le corps tremblant, il s’affaissa contre elle tandis que la vague de l’extase refluait. Il poursuivit ses va-et-vient jusqu’à ce qu’il se sente totalement vidé.

Robin frémit entre ses bras et laissa fuser un faible sanglot.

— Seigneur… Tu es un vrai con, Paul. Tu le sais ?

Quel abruti ! Il avait choisi le pire moment pour lui avouer ce qu’il ressentait. Sa première déclaration était tout sauf romantique. Robin l’avait quitté parce qu’elle pensait n’être à ses yeux qu’un vulgaire plan cul. Et comment se rachetait-il ? En lui révélant ses sentiments au beau milieu d’une partie de jambes en l’air bestiale, sans préliminaires, dont tout l’étage avait dû être témoin.

Il posa son front contre le sien.

Robin laissa tomber ses bras de chaque côté de son corps, son souffle faisant naître des frissons sur la peau moite de son cou.

— Il faut que j’y aille.

La gorge de Paul se serra. Il ne la laisserait pas partir. Il n’y survivrait pas, cette fois. Il plaqua ses mains à l’arrière de ses cuisses et la souleva, savourant la sensation d’être en elle, son sexe toujours dur enfoui dans le cocon le plus agréable du monde. Il la porta jusqu’à la chambre sur ses jambes tremblantes.

— Pas avant que tu aies entendu ce que j’ai à dire.

— Je t’ai parfaitement entendu la dernière fois.

Il se retira avec réticences pour la déposer sur le lit. Avant qu’elle ne puisse s’enfuir, il la saisit aux chevilles et écarta ses cuisses devant lui. Il contempla son sexe tentateur, encore humide de leur étreinte.

— Je n’avais pas terminé. Je n’ai pas terminé.

— Eh bien, moi, si.

Il passa la langue sur ses lèvres, anticipant son goût de miel.

— C’est ce que nous verrons.

Devinant son intention dans son regard, Robin recula pour s’éloigner avant qu’il ne la blesse une nouvelle fois. Elle était tombée amoureuse d’un homme écorché par la vie. Elle aurait pu s’y faire si Paul avait voulu guérir, mais il n’en avait aucune envie. L’expression de son visage lorsqu’elle avait proposé qu’ils se retrouvent à Portland, chez lui, lui avait appris tout ce qu’elle avait à savoir. Elle n’était qu’un plan pour le week-end, une amante sexy de Vegas. Et tout le monde sait que ce qui se passe à Vegas reste à Vegas.

Cette nuit-là, elle avait quitté la chambre de Paul avec l’intention de ne pas regarder en arrière. Elle avait essayé de se convaincre que son aventure avec Paul Laurens n’était qu’une folie passagère sans lendemain. Pourtant, un peu plus tôt, elle n’avait pu se résigner à le laisser quitter le bar sans rien faire. Elle avait planté son frère sans un mot pour suivre l’homme qui lui avait brisé le cœur.

Une dernière fois, s’était-elle persuadée. Ensuite, ce serait fini.

Quelle idiote ! Il était comme une drogue pour elle, et un camé ne se contentait jamais d’une seule dose.

Paul s’agenouilla entre ses jambes et elle sentit son sexe se contracter de désir malgré elle. Elle se languissait de sentir sa bouche sur son corps, elle mourait d’envie de succomber aux caresses diaboliques de sa langue. Il écarta un peu plus ses cuisses, le regard fixé sur son intimité.

— Je rêve de te goûter depuis des mois, dit-il d’un ton avide. Je me suis caressé des dizaines de fois en y pensant. Installe-toi confortablement, mon cœur, nous en avons pour un moment.

— Je ne peux pas, j’ai des réunions, protesta-t-elle. Oh, mon Dieu !

Le premier contact de sa langue lui fit perdre la tête. Il l’avait effleurée, doucement, sensuellement, mais cela avait suffi à incendier son être tout entier. Il se fit bientôt plus audacieux, taquinant son clitoris, jouant avec le piercing qu’il portait à la langue de façon experte. Son souffle balayait sa peau, attisant encore son besoin de le sentir en elle.

Elle empoigna le drap de satin et le serra de toutes ses forces.

— Tu es si sucrée, murmura-t-il d’une voix rauque tandis que ses mains glissaient à l’intérieur de ses jambes. Tu es si douce.

Un petit cri lui échappa.

Les lèvres de Paul se refermèrent sur sa féminité, y formant un cercle de feu. Il poursuivit sa torture, faisant naître un plaisir dévastateur en elle. Ses hanches allaient à la rencontre de Paul sans qu’elle ne l’ait décidé, tandis que son corps enfiévré se préparait pour un nouvel orgasme. Dans le passé, elle s’estimait heureuse lorsqu’elle parvenait à jouir une fois avec un partenaire. Avec Paul, sa sensibilité semblait augmenter à la moindre caresse. Chaque orgasme la terrassait plus vite que le précédent jusqu’à ce qu’elle soit emportée par le déferlement infini d’une vague incontrôlable qui semblait ne plus jamais vouloir refluer.

— Fais-moi jouir, haleta-t-elle en enroulant une jambe autour des puissantes épaules de Paul pour l’attirer à elle.

Elle cambra le dos tandis qu’il se soumettait à sa volonté en intensifiant le mouvement de sa langue sur la zone la plus sensible de son corps. Elle glissa ses doigts dans l’épaisse chevelure de Paul et se mit à onduler du bassin contre ses lèvres, son désir annihilant toute pudeur.

La plupart des gens jugeaient Paul à son apparence. Ceux qui étaient attachés aux stéréotypes avaient tendance à s’imaginer qu’il faisait partie d’un gang de motards ou qu’il vivait dans une caravane. Ils ne le prenaient pas au sérieux. Ils étaient incapables de voir au-delà de sa barbe de trois jours et de ses tatouages. Pourtant, sous cette apparence faite de piercings, tatouages et cheveux longs se cachait un magnifique visage aux traits incroyablement classiques. Son profil était si parfait qu’il aurait pu orner les vieux écus ou inspirer les sculpteurs romains qui ornaient les temples de leurs créations, et il était bien plus riche que le laissait supposer son allure négligée.

Il prit ses fesses en coupe pour rehausser ses hanches et pressa un peu plus ses lèvres contre son sexe. Sa langue la pénétrait plus profondément et les ondes du plaisir commençaient déjà à se diffuser dans son corps.

Robin pressa les mains sur ses seins gonflés, pinçant ses tétons à travers le tissu de son soutien-gorge pour ralentir l’orgasme. Incapable de se contrôler, elle finit par supplier Paul :

— Fais-moi jouir, maintenant.

Il intensifia ses baisers, suçant son clitoris avant d’adoucir la sensation par une caresse. Elle laissa échapper un gémissement sonore et succomba au plaisir sous sa bouche avide. Puis la langueur s’empara de son corps, la réduisant à l’état de poupée de chiffon, haletante, incapable de bouger ou de penser.

— Je t’aime.

Il se releva et se débarrassa du préservatif.

— Tu aimes me baiser, dit-elle faiblement, parfaitement consciente qu’une fois la passion assouvie la réalité reprendrait le dessus. Paul se refermerait alors, comme il le faisait toujours.

Il se plaça au-dessus d’elle, les mains plaquées sur le matelas de chaque côté de sa taille.

— Je suis prêt à m’engager pour de bon.

— Même heure, même endroit dans deux semaines, tu crois vraiment que c’est ça, s’engager ?

Elle détestait l’amertume contenue dans sa voix. Paul ne lui avait jamais rien promis, il n’avait jamais insinué qu’il lui donnerait plus que ce qu’il lui offrait durant leurs week-ends à Vegas. Elle n’avait pas le droit de lui en vouloir, mais elle ne pouvait s’en empêcher.

— Ce n’est pas suffisant pour moi, dit-il avant de se redresser pour ôter son tee-shirt.

Robin posa un regard appréciateur sur son torse, admirative des muscles sinueux qui se dessinaient sous sa peau au moindre de ses mouvements. Il était si viril. C’était à couper le souffle. Des tatouages recouvraient ses bras depuis l’épaule jusqu’au coude. Sa poitrine était large, dorée et nue… à l’exception de son nom, qui barrait son pectoral gauche, juste au-dessus de son cœur. Robin.

— Ça n’a jamais été suffisant pour moi.

Robin prit une inspiration nerveuse, captivée par les lettres gravées sur sa peau. Elles n’étaient pas là auparavant. Ses yeux se remplirent de larmes tandis qu’elle fixait le nouveau tatouage de Paul.

— Paul…

— Putain, Robin, je t’aime !

Il prit un préservatif dans la table de nuit et l’enfila.

— Lorsque je ne suis pas en toi, je rêve d’être en toi.

Sur ces mots, il la pénétra d’un seul coup de reins. Elle gémit, encore sensible après les deux orgasmes qu’il lui avait donnés.

— Bon sang, c’est tellement bon, dit-il dans un souffle. J’avais tellement besoin de toi.

Son sexe, long et épais, était parfait. Comme s’il était fait pour elle. Se redressant sur les coudes, Robin observa son membre luisant tandis qu’il se retirait lentement. Il était aussi impressionnant que le reste de son corps. Ce spectacle intensifia encore son excitation. Elle se sentait féminine et puissante avec lui, comme une incroyable déesse du sexe, prête à assouvir le désir bestial d’un homme viril à la sexualité primitive.

Elle passa la langue sur sa lèvre inférieure.

— Je t’en prie, murmura-t-elle, se sentant vide en son absence.

Elle avait éprouvé cela depuis qu’elle l’avait quittée, physiquement et émotionnellement.

Il plongea de nouveau en elle avec un long soupir de plaisir.

— Tu es si sexy, mon cœur. Tu es si parfaite et si belle. Je ne sais pas ce que tu fous avec un type comme moi, mais je remercie Dieu tous les jours que tu m’aies choisi.

Elle était perdue. Elle l’aimait tellement.

Il défit le nœud de sa robe et écarta les pans du vêtement. Puis il manipula l’attache de son soutien-gorge, entre ses seins, libérant sa poitrine généreuse. Robin sentit ses muscles se contracter autour du membre de Paul, faisant écho aux mouvements de ses doigts talentueux sur ses tétons.

— Je suis désolé.

La sueur luisait sur sa peau dorée, ses yeux noisette étaient emplis de larmes.

— Je suis tellement désolé de t’avoir laissé croire, même une seconde, que tu n’étais qu’un plan cul pour moi. Je t’ai aimée dès le premier regard que j’ai posé sur toi. J’aurais dû te le dire…

— J’ai des besoins, dit-elle.

Elle enroula ses doigts autour de ses poignets, cherchant à s’ancrer dans la réalité comme le plaisir menaçait de l’emporter.

— Je sais.

Il poursuivait le rythme lent de ses hanches.

— J’ai des besoins, moi aussi.

Ses paroles la prirent par surprise. Elle voulait lui être nécessaire et précieuse, jouer un rôle dans sa vie. Partager son existence.

— C’est-à-dire ?

— J’ai besoin de connaître les dates de tes déplacements.

Un sourire se dessina sur ses lèvres tandis qu’elle le fusillait du regard.

— De façon à pouvoir planifier les miens en fonction des tiens. Et je voudrais que tu emménages avec moi. Ton entreprise de création de bijoux ne repose que sur toi, n’est-ce pas ? Tu peux concevoir tes modèles n’importe où ?

Robin hocha lentement la tête, incapable de parler. Il prononçait les mots qu’elle avait toujours voulu entendre tout en poursuivant le mouvement irrésistible de ses reins. Les va-et-vient de son sexe lui embrumaient l’esprit. Son corps entier était tendu par l’imminence de l’orgasme. Il était si dur en elle. Elle était tellement heureuse d’être de nouveau avec lui. De sentir l’odeur de sa peau, ses muscles fermes sous ses doigts.

— Pour le moment, je suis coincé à Portland à cause de la brasserie.

Ses paroles étaient de moins en moins claires tandis que le plaisir enflait en lui.

— Mais si tu n’aimes pas la ville, la maison ou n’importe quoi d’autre, j’irai où tu voudras. J’ai simplement besoin de temps, et ce temps, je ne veux pas le passer loin de toi.

— Plus fort, le pressa-t-elle en plaquant ses mains sur les fesses parfaitement musclées de Paul.

Elle rejeta la tête en arrière comme la promesse de l’orgasme flottait au-dessus d’elle.

— Prends-moi plus fort.

Refermant ses mains sur sa taille, Paul lui donna ce qu’elle désirait. Ses coups de boutoir ne tardèrent pas à la faire basculer.

— Je vais jouir avec toi, grogna-t-il en maintenant le rythme.

Il émit le petit son qui la rendait folle, entre le grognement et le soupir, qui disait clairement combien elle l’avait comblé.

Son regard plongea dans le sien tandis qu’il s’abandonnait à la vague de plaisir entêtante qui s’abattait sur eux.

— Je t’aime, répéta-t-il encore vibrant de la force de l’orgasme qu’il venait de vivre.

Paul l’avait déshabillée. Robin ignorait comment il avait pu accomplir cette prouesse alors qu’elle était plongée dans l’état extatique qui suivait l’orgasme, mais elle lui en était reconnaissante. Elle était étendue contre lui, ses jambes mêlées aux siennes. Sa tête était posée sur son torse. Elle suivit le tracé des lettres tatouées sur sa peau du bout des doigts.

— J’avais l’intention de partir une fois que nous aurions terminé, avoua-t-elle.

— J’avais compris.

Il pressa ses lèvres sur son front.

— Je ne t’aurais pas laissée sortir. Je t’aurais suivie, nu s’il l’avait fallu.

Elle redressa la tête.

— Tu crois que j’aurais pris le risque de voir une autre femme poser un œil sur toi ?

Paul sourit.

— Je suis tout à toi, mon cœur. Mes défauts, mon passé… tout entier.

Robin posa la main sur le cœur de son amant.

— Tu n’es pas prêt, Paul. J’aimerais que tu le sois.

— Le psy que je vois en ce moment pense le contraire.

Le cœur de Robin manqua un battement.

— Tu vois un psy ?

Il hocha la tête.

— Je vais continuer à le voir encore un moment, mais j’ai suffisamment travaillé sur la mort de Curt pour reprendre ma vie en main.

Le cœur de Robin se serra à l’évocation de la tragédie que Paul avait vécue. Elle ne pouvait concevoir la douleur de perdre un enfant.

Il mêla ses doigts aux siens.

— J’aurais dû parler à quelqu’un bien plus tôt, surtout lorsque nous avons commencé à nous fréquenter. Je n’ai pas été juste envers toi.

— Tu n’es pas le seul fautif, dit-elle d’une voix douce. Lorsque nous avons commencé à nous voir, notre petit arrangement me convenait parfaitement. Aucune attache, du sexe torride, et un type qui m’écoutait radoter sans broncher à propos de mes bijoux. Tout allait bien jusqu’à ce que mes attentes évoluent.

Il tendit une main vers la table de nuit et ouvrit le tiroir. Elle crut d’abord qu’il prenait un autre préservatif, et son pouls s’accéléra. Puis un écrin en velours bleu apparut dans son champ de vision et son cœur manqua un battement.

Paul déposa la petite boîte sur son ventre et prit une profonde inspiration.

— Sais-tu à quel point il est difficile de choisir une bague de fiançailles pour une dessinatrice de bijoux qui t’a plaqué ?

Incapable de se contenir, Robin tendit la main vers l’écrin.

— Attends, dit-il en lui prenant le poignet. Revenons aux besoins que nous avons évoqués. J’ai besoin que tu m’épouses, Robin. La prochaine fois que nous entrerons dans cette chambre, je veux que nous le fassions en tant que mari et femme. Je te promets que tu auras le mariage de tes rêves, avec tes amis et ta famille, le riz, les colombes et tout ce que tu souhaiteras, mais j’ai besoin que nous échangions nos vœux maintenant, aujourd’hui. Un mariage à Vegas… Je crois que ça nous ressemble.

Nous. Elle posa sur lui un regard ébahi, partagée entre son cœur et sa raison. Ils brûlaient toutes les étapes. L’année qu’ils avaient passée ensemble, sans compter les quatre mois de séparation, se résumait à des e-mails, à quelques appels, aux week-ends les plus torrides de sa vie… et à une complicité parfaite qui les avait frappés comme la foudre dès leur première rencontre.

— Je sais que ça a l’air fou, dit-il, lisant dans ses pensées comme il le faisait souvent, mais nous sommes dingues l’un de l’autre depuis le début. Je suis complètement accro, Robin. Je te promets que tu ne regretteras pas de m’avoir donné une chance. Je te rendrai plus heureuse que tu ne l’as jamais été.

La jeune femme déglutit péniblement avant d’ouvrir l’écrin.

— Oh, Paul ! s’écria-t-elle en prenant la bague entre ses doigts tremblants.

— Elle te plaît ?

Sa voix rauque et sensuelle était teintée d’une note d’anxiété.

— Nous pourrons la changer si ce n’est pas le cas. Tu aurais peut-être préféré quelque chose de plus traditionnel…

— Tais-toi.

L’anneau était parfait. Il était original, presque excentrique, orné d’un imposant diamant – quatre carats d’après son avis d’experte – cerclé de rubis de différentes tailles.

— Il me rappelle ce que je ressens pour toi, dit-il d’une voix douce.

Elle y voyait la même chose. Le motif inhabituel inspirait la passion chaotique, et le fait qu’il l’ait perçu acheva de la convaincre qu’il était fait pour elle.

Elle le chevaucha et tendit la main gauche.

— Passe-le à mon doigt.

La sensation du métal froid contre sa peau était si merveilleuse qu’un frisson la parcourut. Elle avait tant rêvé de cet instant, elle avait tant espéré qu’il lui dise ces mots. Lui, son brasseur viril aux mains douces et au désir insatiable. L’homme qui l’écoutait parler de pierres précieuses et de bijoux et qui lui expliquait patiemment la différence entre la bière blonde et la bière brune.

— Oui, dit-elle en posant la paume sur son torse, près des lettres de son prénom.

Paul enroula sa taille de ses mains.

— Et toi, quels sont tes besoins ?

— J’avais besoin de ça. Un engagement de ta part. Et aussi d’une pièce à moi, d’un atelier bien éclairé et spacieux.

— Tu l’auras.

— Et je veux que tu me promettes de ne pas changer de style pour moi.

Il haussa les sourcils.

— Parce que j’ai un style ?

— Je t’aime comme tu es. Ne coupe pas tes cheveux ou…

Il la fit basculer pour se retrouver au-dessus d’elle.

— Répète ça.

Robin éclata de rire.

— Ne coupe pas tes cheveux ?

Il sourit.

— Avant ça.

— Ne change pas de style ?

Paul pencha la tête et prit l’un de ses tétons entre ses dents. Elle soupira sous la morsure inattendue avant de se cambrer comme sa langue apaisait la légère brûlure. Il accentua sa caresse et elle finit par céder.

— Je t’aime, Paul. Tu es tout pour moi.

Lorsqu’il releva la tête, la tendresse contenue dans ses yeux la bouleversa. Elle n’oublierait jamais ce regard.

Elle aurait de nombreuses occasions de le graver dans sa mémoire. Elle aurait même la vie entière pour le faire.

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